Quelques Chats...
Un nouvel album !
Jacques Grinberg
Quelques Chats...
Un nouvel album !
quelques coqs...
Un nouvel album !
Jacques Grinberg
Celui qui pose des questions
“Je suis un vieux peintre qui essaie de peindre. C’est tout. La seule chose qui m’intéresse, c’est peindre”. Calé dans un fauteuil homérique, une cigarette dans une main, une canette dans l’autre, Jacques Grinberg jette sur les toiles de sa prochaine exposition des regards émus mais exigeants, amoureux. Il y a là des dents, des griffes, des chocs et des chutes, mais aussi beaucoup de poésie ; un grand oiseau-lac, un petit oiseau à gorge-lune, des oiseaux-fleurs, beaucoup de chouettes, “j’adore la sagesse qu’elles représentent” et des renards. “Chez les Hébreux, le renard est l’animal qui pose les questions.” Et aussi un âne, portant un masque africain. Et encore des grappes de lilas et des tranches de pastèque.
“À chaque fois, dit-il, je donne un lieu formel à une idée.” À chaque fois, comme dans les portraits d’Arcimboldo, les formes imbriquées provoquent des visions, évoquent des métamorphoses, stimulent l’imagination.
Tous ces hommes-crabes, ces femmes-pieuvres, ces araignées piégeant des papillons sont traités d’une même manière : tout explose, jaillit, darde ses extrémités et gonfle ses membres. “Ça commence par une tache et puis il me faut des griffes, quelque chose de violent. Et ça devient Le chat sur un trapèze, ou Le sourire du vainqueur. Je ne me répète pas, c’est ça qui compte. Les gens qui se répètent n’ont pas d’esprit.”
Tout est cerné de traits fermes évoquant les lignes du fer forgé.
Tout claque, aussi, comme des drapeaux tant les tons adoptés sont francs. On songe au théâtre espagnol, au groupe Cobra et à ses épigones, n’en déplaise à Grinberg qui préfère se référer à Manet ou à la calligraphie orientale. “Mes couleurs sont éclatantes, pas lumineuses. La lumière s’y insinue, parfois de façon invisible et toujours de manière éparpillée.”
Déçu par le triomphe du confort bourgeois sur tout projet de bonheur collectif ou d’épanouissement individuel dans l’occident d’aujourd’hui, si Grinberg aime à ce point la peinture c’est qu’en incarnant sa colère et sa fantaisie elle constitue sa fugue à lui. Tout comme la littérature permettait au marquis de Sade auquel il se réfère volontiers de sublimer les enfermements et les incompréhensions. Peindre est pour Grinberg la seule manière de poursuivre une tentative d’évasion commencée à Sofia (1941), poursuivie à Tel-Aviv, puis à Paris (1962) et à Londres. “Je ne date pas mes tableaux, dit-il, parce que sur la bonne peinture le temps ne passe pas.”
Sur l’appel de la liberté, c’est la même chose.
Françoise Monnin, Paris décembre 2001.
Les propos de l’artiste ont été recueillis dans son atelier, à Malakoff (92) en décembre 2001.
COUPS
GRINBERG
Il peint comme d'autres fouettent, furieusement. Il flanque des éclats de couleurs vives puis leur brosse un squelette à coups de barres noires, avec des rythmes menaçants. Ça frappe et ça dérange. trop de contrastes et d'aigus. Tout est choc de carapaces, bruit d'explosions. Il y a du verre pilé dans les yeux et des balles « doum doum» dans tous les estomacs. Ici et là, le rictus d'un loup satisfait, ou le profil d'un coq imbécile balafre l'espace. Grinberg lamine les petits chefs qu'il juge dangereux et voit bêtes. La Nouvelle Figuration le fait soupirer: lui, voilà plus de trente ans qu'il a pris la relève de Guernica et choisi la peinture qui ne rassure pas. « Est-ce que tu vois du coeur dans ma peinture? » demande-t-il, vaguement bougon et sûrement inquiet. Aucun doute, cette peinture là bat très fort. Ses virgules et ses boucles amples trahissent une respiration rapide mais profonde. Il ne lui manque qu'un atelier plus grand, pour trouver enfin la mesure qui convient.
F. M.
L'Oeil de Boeuf, 58, rue Quincampoix, 75004 Paris. Tél. 42 78 36 66. Du 3 au 31 octobre.
JACQUES GRINBERG 10 ANS APRES
Lors de l'exposition précédente du peintre juif-bulgare Jacques Grinberg, que j'avais organisée..ily a 10 ans, dans la Galerie Kaleidoscope à Gand, les critiques et les amateurs d'art avaient loué l'expression spécifique, la violence brutal et surtout le langage d'images très personnel de l'artiste qui était alors encore très jeune.
Ses oeuvres graphiques récentes témoignent de la même arrogance, du même message menaçant, de la même dureté capricieuse, des mêmes qualités picturales indéniables. Ses oeuvres semblent aussi expressionistes qu'autrefois, dessinées des mêmes gestes, chargées d'autant d'émotion, mais derrière la forme encore plus dure, plus offensante et plus vulnérable, se cache une plus grande profondeur, une cohésion plus solide et encore plus maîtrisé entre langage et contenu. le désordre trouva son ordre, l'inexprimable sa logique. Comme pour un anneau de moebius, une fois c'est le contenu, une autre fois c'est la ligne qui semble dominer, mais tous les deux ils sont·enchaînés dans la même unité.
Mort et angoisse, sarcasme et paix, aocusation et raillerie, poésie et illusion, méditation et interrogation, hermétique et torture glissent toujours de nouveau les uns sur les autres. Car il montre tout cela, insolent, aocusant, sarcastique, se limitant avec une assurance orgueilleuse à la graphique noir et blanc.
Le masque, arraché à même la peau, est une épiderme outrageant, la face provocatrice, qui est plus vraie que le visage plus clément qui se cache. Des fantômes émaciés surgissent, deviennent animal ou oiseau ou signe. De quelques points lumineux, arrapgés dans une géométrie spécifique herméneutique, éclate une forme qui après une fixation passagère, pâlit de nouveau derrière le mélange chaotique de lignes et de taches. " Partout la lumière est présente, une lumière claire et créant la vie qui jaillit du dessin, et qui attirel'attention naive du speotateur trop doux. Comme autrefois, il crie, il martèle, il accuse, il attaque,il suscite l'irritation. Un nouveau message se crée à la bifurcation; d'une clarté éblouissante.
Mort et vie, silence et écho, impuissance et action sont présents dans chaque dessin, dans chaque lithographie. En dedans les cercles' de cette spécificité, tout doit être exprimé, tout message doit connaître sa propre solution. En dehors du cercle essence, Dieu, univers, éternité la mort ne connaît, pas une nouvelle victoire.
La défaite a depuis longtemps remplacé toute victoire. La création de l'artiste qui avec ses lignes et son crayon, rompt le silence où se trouvaient emprisonnés les figures qu'il évoquait, a remplacé les limites dela mort et de l'éternité. Ce qui reste est un visage, une bouche, flottant dans l'écume crue d'un cri désolant. Car seule la création ou ce que l'artiste appelle "art" permet une victoire sur cette mort qui le vaincra lui aussi. "Art" en tant que langage, en tant que possibilité de créer, en tant qu'affirmation de soi,.
Jo Verbrugghen septembre 1973
JACQUES GRINBERG et LA NOUVELLE FIGURATION
1962 : Arrive en France, via Israël où il a suivi pendant 4 ans les cours des Beaux-arts, un jeune Bulgare de 21 ans, désireux de s'éloigner de sa culture pour se confronter à un art international.
A la même époque, naissent de nouvelles idées, de nouvelles propositions de figurations chez des artistes qui tentent d'échapper à l'emprise des courants étouffants de l'après-guerre.
Picasso, notamment, lance l'idée d'une Nouvelle Figuration.
Sous ce label dont il devient par conséquent le pionnier, Jacques Grinberg réalise à Gand, en 1963, une importante exposition.
D'autres, à Bruxelles; à Paris, notamment aux galeries André Scheller et Cérès Franco jalonnent depuis lors 35 ans de réflexion, de
travail, de talent misau service de cette expression picturale. y sont proposées chaque fois des oeuvres jetées sur la
toile comme des "visions" qui, une fraction de seconde, éblouiraient l'imagination du peintre;
des oeuvres dont le thème (Tchador, Corridor d'hôpital, Mélancolie) permet à l'artiste d'affirmer son ouverture permanente
sur le monde, de s'y impliquer, bref d'être témoin de son temps. En même temps, le poète caché sous le peintre recrée des mythes (l'Oiseau de
feu ...) des légendes, rendant ainsi son oeuvre intemporelle.
Parfois le côté ludique l'emporte, comme dans l'Oiseau où l'artiste s'est attaché à exploiter les erreurs du "technicien" ; ou encore dans le diable des peintres, présentant deux pinceaux dressésde part et d'autre d'une machine à sous ...
Cette longue et multiple recherche accompagne la précision du geste, la faculté immédiate qu'a le dessinateur Jacques Grinberg de donner à une courbe telle inclinaison significative, à un trait, telle épaisseur; faire d'emblée surgir le personnage ou l'objet qui va naître sur la toile. Dans le sillage du dessinateur, apparaît le coloriste, car Jacques Grinberg a l'art defaire se côtoyer des tons violents sans qu'ils se heurtent; renforcer le trait sans l'alourdir; faire vibrer ses personnages grâce à une brosse surchargée; traduire au contraire l'angoisse ou la Cécité par la matité des couleurs. Mais surtout, il sait garder à la toile un côté nonfini, non-apprêté, ne pas la lasser, ne pas la violenter, la laisser en devenir ... A cet effet, le "fond" est traité comme le "sujet" : en aucun cas, il ne doit provoquer une dissonance qui, relevant de l'esthétique, ferait perdre à l'artiste le sens de sa démarche picturale.
Les toiles côte à côte attestent de cette démarche mûrement réfléchie : Jacques Grinbergproduit un travail
résolument figuratif sans se refuser l'app6rt de la tache, de la ligne issues jadis de l'abstraction; pose un regard critique sur chaque phase de sa création; est
parvenu à mettre à l'unisson ses aspirations et ses tableaux, à engendrer dans une veine très personnelle une oeuvre riche, belle et
violente, mais par-dessus tout élégante.
J. Rivais
Jacques Grinberg à la galerie l'Oeil de Boeuf, 58 rue Quincampoix, 4ème, jusqu'au 16 décembre.
JACQUES GRINBERG werd op 10 januari 1941 te Sofia geboren. Hij verbleef aanvankelijk
in Israël waar hij
kunstonderwijs volgde en zijn eerste werken ln groepstentoonstellingen
exposeerde. Sedert 1962 verblijft hij ln Parijs. Hij nam deel aan de tentoonstelling «Art Graphique Juif» La Proue te Brussel, «Peintres Israëliens Paris» te Gent ln 1962 en 1963. Na zljn eerste eenmanstentoonstelling in de
galerij Kaleidoskoop te Gent in 1963, stelde hij verschillende malen in Parijs en diverse steden ais Oslo ten toon. De huidige
tentoonstelling van grafiek in de St.-Pietersabdij te Gent is zijn eerste come-back in België sedert 1963.
Jacques
Grinberg
1963 – 1973
Gewezen sint pietersabdij gent 13 oktober – 4 novembre 1973
1961 Chemerinsky Art Gallery, Tel Aviv, Israël
1963 Galleri 27, Oslo, Norvège
1963 Galleria Privada, Madrid, Espagne
1963 Librairie La Proue Bruxelles, Belgique
1964 Galeries Lahumiere-Levin “Moralités” Paris, France
1964 Galerie Krugier, “Rencontres”, Genève, Suisse
1964 Galerie Andre Schoeller, “28 Peintres d’aujourdhui” Paris, France
1966 Esperanto Gallery, New York, USA
1966 Galerie Claude Bernard “Portraits” Paris, France
1966 Musée de Lausanne “Galeries pilotes” Suisses
1967 Galerie Heide Hildebrand, Klagenfurt
1968 Moderna Galerija Rijeka, Yougoslavie
1969 Galeria Ivan Spence, Ibizza, Espagne
1970 Galerie T. Haarlem, Hollande
1973 Galerie de France Paris, France
1973 Bibliothèque Nationale Paris, France
1991 “Nouvelle figuration version 90” Galerie L’Oeil de Boeuf Ceres Franco, Paris, France
1992 “Petits formats” Galerie L’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris, France
1993 “l’Anormalita dell’Arte” Milan, Italie
1996 Galerie Jacques, Ann Arbord, Michigan, USA
1996 “Boomerang” Paris, France
1999 “Biz’art” Bures sur Yvette, France
1999 ‘L’art dels 70” Musée d’Art contemporain d’Ibizza, Espagne
2001 “L’art sous pression” Collection Ceres Franco, espace Ecureuil, Toulouse France
2003 “Entre noirs et blancs” Galerie Idées d’artistes Paris, France
2003 “Désirs Brut” 6ème forum des arts plastiques en Ile de France Les Ulis, France
2003 “Désirs Brut” Kremlin Bicêtre, France
2004 “Fragments d’artistes” Gallerie Idées d’artistes Paris, France
2004 “Un art de l’imaginaire débridé” collection Ceres Franco, Grand théâtre d’Angers, France
Salon
1964-1965 Salon de la Jeune Peinture
1964-1965 Salon de Mai
1964-1966 Salon des Grands et Jeunes d’aujourd’hui
1963 Galery Kaleidoskop, Gand, Belgique
1964 Galerie Andre Schoeller Jr Paris, France
1965 Galerie Andre Schoeller Jr Paris, France
1965 Greer Gallery, USA
1973 Musee Sint Pietersaldig, Gand, Belgique
1984 Dvir Gallery, Tel Aviv, Israël
1985 Dvir Gallery, Tel Aviv, Israël
1987 Gallery 27, Tel Aviv, Israël
1988 Galerie L’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris, France
1990 Galerie L’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris, France
1991 Galerie L’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris, France
1994 Galerie L’Oeil de Boeuf, Ceres Franco, Paris, France
2002 Galerie Idées d’artistes “Véhément Mélancolique” Paris, France
| Janvier 2012 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | ||||||||||
| 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | ||||
| 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | ||||
| 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | 21 | 22 | ||||
| 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | 28 | 29 | ||||
| 30 | 31 | |||||||||
|
||||||||||